Lundi 9 mars 2009
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Peut-on obliger les médecins qui ne le veulent pas à soigner les personnes
bénéficiaires de la CMU ? Légalement peut-être mais est-ce vraiment souhaitable pour les patients ? Est-il normal pour les personnes déjà fragilisées socialement d’avoir droit à
des réflexions méprisantes lorsqu’elles vont consulter un spécialiste ou un dentiste ? Malheureusement, ces réflexions sont courantes. Peut-on faire confiance à un médecin
qui considère comme de « la racaille » la personne qui souffre en face de lui ?
Je pense que l’on ne devrait pas obliger les médecins qui ont une aversion pour
les personnes bénéficiaires de la CMU de les soigner. Il faudrait leur laisser la liberté de ne pas le faire ne serait-ce que pour le patient puisse consulter un médecin qui ne
porte pas atteinte à sa dignité.
En agissant ainsi le médecin en question se place automatiquement hors du
système de santé basé sur la solidarité ; la moindre des choses serait qu’il soit déconventionné. Ainsi, il pourrait pratiquer des honoraires libres pour la clientèle de son
choix sans avoir de comptes à rendre aux caisses d’assurance maladie. Reste à savoir combien de gens accepteraient de se faire soigner sans avoir une partie des soins
remboursés ? Les médecins ayant une clientèle (dans ce cas il s’agit bien de clientélisme) suffisamment aisée pour se passer de remboursements seraient sans doute
extrêmement peu nombreux à faire savoir d’emblée que les consultations ne sont pas prises en charge par l’assurance maladie. On ne les trouverait sans doute
que dans certains quartiers. Il resterait donc suffisamment de médecins pour soigner sans rechigner les gens dont les soins sont pris en charge pas la
collectivité.
Il ne faut pas oublier que si la CMU permet à des personnes à très faibles
ressources de se soigner les premiers bénéficiaires de la CMU sont les médecins et les professionnels de santé.
Si la CMU n’existait pas et si les soins n’étaient par remboursés par la sécurité
sociale, bien des médecins et professionnels de la santé exerçant en libéral verraient fondre leurs ressources et certains cabinets médicaux seraient mêmes obligés de
fermer.
Moins de protection sociale n’enrichira pas la médecine libérale et si aux USA,
Obama a promis de réformer le système de soins. C’est peut être aussi en pensant aux médecins.
Il n’en demeure pas moins que le mépris n’est jamais
thérapeutique.
ANNE-MARIE
Par Sophia
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Samedi 7 mars 2009
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14:47
Des chiffres des
statistiques des quotas... Une humanité découpée en tranches en catégories en ensembles sous-ensembles qui dépersonnalisent les individus perdus dans la logique du nombre
qui fait que quatre vingt dix milles chômeurs de plus en janvier, ça n'émeut pas grand monde. A ce compte là les Américains alignent des chiffres bien plus vertigineux mais tout aussi
abstraits avec ce record de 650 000 chômeurs de plus en un mois. . Derrière ces chiffres pas de visage : Pas de visage de la peur, pas de visage de la chute, pas de visage
de la honte, ni du désir de se cacher de disparaître des statistiques seule place qui est concédée aux chômeurs ( et encore en trichant un peu sur les chiffres) pour
chercher des espaces d'humanité en friche et les habiller de nouveaux possibles.
L'inhumanité des chiffres était le
sens de ma note précédente " 92000 chômeurs de plus et moi et moi et moi ". Elle ne semble pas avoir été bien comprise. Il est vrai qu'en temps de crise mieux vaut
peut-être ne pas trop manier l'ironie ; Le climat social est trop tendu pour que la dérision ait encore des vertus salvatrices. Il le faudrait pourtant car dans l'ironie il y a à la fois de la
révolte et du désespoir.
La perversion des valeurs due aux chiffres
remplaçant l'humain c'était le sens de mon allusion à la Palestine dont il serait aussi absurde qu'inhumain de contester le drame de ce peuple. Je voulais seulement dire que ce n'est
pas parce que des images choc nous parviennent qu'elle doivent anesthésier tout sens critique et occulter d'autres drames sociaux tout près de chez nous et qu'il y a de la
souffrance humaine même là où les caméras ne passent pas..
La misère des sans abris fait toutefois
irruption sur les écrans de télé dans les moments de grand froid ou quand les Enfoirés reviennent avec les restaus du cœur. Les collectes prouvent que le besoin de
solidarité est toujours présent mais il est regrettable de ne le faire dépendre que de l'audimat d'une émission de télé. Sur un écran, la misère est toujours un spectacle. Les
gens sont émus parce que les images dérangent. Hors de ces images, la compassion ne fonctionne plus.
On ne construit pas un projet politique rien qu'avec l'émotion. Au mieux on fait du caritatif avec les bons sentiments ce n'est déjà pas si mal et l'on ne peut nier que l'humanitaire
pallie tant bien que mal aux carences du politique mais en même temps l'appel aux bons sentiments est un alibi pour éviter les solutions politiques qui s'imposent
pourtant.
Pendant que les un et les autres se donnent
bonne conscience avec les causes humanitaires de leur choix la riposte pourtant indispensable à la politique du gouvernement tarde. Il faut dire que le Parti Socialiste a bien
trop à faire avec ses querelles intestines sur la question des Européennes ; Comme disait un élu PS que je ne citerais pas : " Le seul intérêt du Parti Socialiste , c'est de gérer les carrières
personnelles ".
Lorsque dans ma note précédente j'ironisais sur tous les préjugés négatifs à propos des chômeurs, c'est surtout au Pari Socialiste que je pensais. Il y a très peu de chômeurs au PS.
Ils sont copieusement sollicités pour donner un coup de main lors des campagnes électorales mais comme ils sont à peu près en demande sur tout notamment pour l'emploi et le
logement, très vite les élus prennent leur distance. En principe les chômeurs comprennent rapidement qu'ils ne sont pas vraiment les bienvenus dans ce parti d'élus de fonctionnaires de
cadres et de retraités.
Donner la pièce lors des collectes
caritatives, c'est facile et ça donne bonne conscience, signer des pétitions pour ce qui se passe loin d'ici et même pour ce qui se passe France, c'est facile aussi. Travaillerer moins pour
faire de la place aux personnes qui n'ont pas d'emploi, c'est une nécessité sociale mais aucun parti politique n'a le courage de le dire car ce serait la défaite électorale assurée.
C'est pourquoi les chômeurs dérangent mais au rythme de la crise boursière, il n' y aura bientôt plus une seule famille épargnée par le chômage.
Et vraiment la gauche n'est pas à la hauteur de la situation.
SOPHIA
Par Sophia
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Mercredi 4 mars 2009
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19:35
Quatre-vingt-dix mille chômeurs de plus en janvier ! Et moi
et moi et moi entend-on de toutes part tant est grande la peur de disparaître sous les statistiques ou être considéré comme les dommages collatéraux d'une crise qui ne fait que
commencer.
On ne sait même plus trop à qui le RSA est destiné et si seulement son application va être possible à l'allure ou vont les choses.
ertige des chiffres Vertige de la crise... Vertige d'un système en bout de course sans qu'il y ait seulement l'amorce d'une alternative, sans qu'il y ait seulement une réflexion
cohérente pour dessiner les contours de ce qu'il va falloir construire pour changer la donne.
Nicolas Sarkozy évoque la crise comme l'une de ces catastrophes naturelles qui réduisent à néant les constructions les plus audacieuses. Mais il n'y a pas de fatalité. Cette crise n'est que la
conséquence des aberrations économiques que journalistes et experts présentaient comme seule issue possible !
Cette crise sonne le glas des choix politiques de Nicolas Sarkozy qui ne perd pas tout à fait la face puisque ces choix ne sont pas trop différents de ceux du PS et qu'à gauche du PS les
gens se soucient bien plus de ce qui se passe en Palestine que des 90200 chômeurs de plus en Janvier. Après tout ici les chômeurs ne sont que des chiffres En Palestine
ce sont des êtres humains, des enfants surtout !
C'est surtout que ça ne mange pas de pain de signer des pétitions pour ce qui se passe là-bas. En France, les pauvres, ils sont plus moches et si il sont français ils sont certainement un peu
fachos. Ce ne sont pas vraiment des camarades et puis dès que les gens ne sont pas des travailleurs, ils sont toujours un peu suspects. D' ailleurs quand les gens sont trop pauvres, ils ne
vont même pas dans les manifs !(1)
kozy peut dormir sur ses deux oreilles. C'est vrai que la Guadeloupe et la Martinique, ça pourrait bien être contagieux mais en France il a quand même quelques copains à gauche et dans certains
syndicats qui lui ont promis de limiter les dégâts. Face à une telle catastrophe, il faut bien se serrer les coudes pendant que les chômeurs eux se serrent la ceinture. . Tout le monde est
tellement sonné que plus personne ne voit ce qui est le plus absurde et surtout le plus indécent comme par exemple d'autoriser le travail jusqu'à soixante-dix ans, histoire de baisser
les retraites pendant que le chômage continue son impitoyable progression.
Les choses ne font que commencer..
(1) C'est peut-être faire injure aux gens qui ont compris mais c'est pour les autres, ceux qui croient que je n'aime ni les chômeurs ni les palestiniens, je
précise que c'est du seond degré et que ma critique s'adrese juste à une catégorie de militants: précisément ceux qui ne me comprennent pas
Par Sophia
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Mercredi 4 mars 2009
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19:33
Internet sert-il la démocratie ou la met-il en danger ? Il est
bien difficile de répondre à cette question car il est évident qu'en diffusant d'autres informations que les grands médias, les blogs contribuent à créer des contre-pouvoirs
politiques et il faut admettre que certains débats enrichissent la réflexion. Bien que les informations qui circulent sur Internet ne soient pas automatiquement plus fiables que
celles de la presse leur statut de contre pouvoir, leur confère aux yeux de certains internautes un statut de vérité.
Pourtant, ces informations ne sont le plus souvent que des parti-pris idéologiques politiques ou religieux
Qu'Internet soit un formidable outil de propagande était prévisible.
N'importe quel candidat à une élection le sait et ceux qui traînent encore les pieds pour utiliser Internet pour défendre leurs idées risquent de perdre la partie face à des
concurrents exploitant totalement les possibilités du net.
Oui, Internet peut contribuer à faire élire un candidat à une élection. Faut-il pour autant y voir un outil au service de la démocratie participative ? Certainement pas. Chacun
sait que la démocratie participative a été inventée par Ségolène Royal ( c'est du moins ce qu'elle semble dire) dont le résultat électoral a été si brillant qu'il n'a pas
manqué d'impressionner Obama qui a lui aussi utilisé Internet pour sa campagne avec un tout petit peu plus de chance de Ségolène Royal.
Obama se serait appuyé sur des idées débattues sur Internet ratifiées par un certain nombre de votes d'internautes. A présent que je sais, je comprends mieux ses propos sécuritaires
ne remettant pas en cause la peine de mort.
Qui sont ces gens qui votent pour des idées sur Internet ? Des anonymes sous pseudos, des militants qui font bloc pour exercer des pressions ? Comment fait-on voter des idées
sur Internet ?? Quelle représentativité ont ces voix dont chacun sait qu'elles ne reflètent pas la réalité ?
Que ce soit dans les sujets des notes ou dans les
commentaires de certains blogs pourtant modérés, on peut noter beaucoup de propos extrêmes, un antisémitisme qui ne se cache plus, des rumeurs, des réflexions sociales encadrées
par des idéologies. Il semble évident que des personnes qui semblent passer autant de temps pour donner leur avis le font par militantisme.
Combien de blogs parlent vraiment de difficultés des gens à boucler leur budget, de l'inquiétude des lycéens pour leur avenir, des craintes des personnes de ne plus pouvoir se
soigner correctement, des inquiétudes liées au flou qui entoure l'application du RSA, de leur peur d'être licencié ou de ne pas retrouver du travail à la fin de leur contrat, de leur galère pour
trouver un logement ?
Certes ce n'est ni très original, ni très exotique pas vraiment littéraire
non plus et lorsque l'on se débat avec des difficultés aussi fondamentales que le chômage ou la maladie, on n'a peut-être ni le temps ni l'envie de tenir un
blog.
C'est parce qu'Internet ne reflète pas ces préoccupations quotidiennes de la
population dont l'ampleur de la mobilisation du 29 janvier a donné une petite idée qu'il ne peut en aucun cas être assimilé à un outil de démocratie participative.
Les responsables politiques qui font semblant de confondre propagande et démocratie participative montrent quelle piètre opinion ils ont de la démocratie participative et même de la
démocratie tout court.
Mais peu importe puisque la seule chose qui compte pour eux est de se faire
élire quitte à surfer sur des arguments parfois nauséeux ?
Par Sophia
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Mercredi 4 mars 2009
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19:30
Qui sont les z'antis ? Sont peut-être pas des
nantis : Ils sont anticapitalistes, anti-libéraux anti-injustice, anti-exclusion anti-exploitation de l'homme par l'homme, anti-exploitation de l'homme par la femme mais peut-être pas
anti-exploitation de la femme par l'homme parce qu'ils respectent la vie privée des gens...
Ils sont anti-chômage mais pas anti- chômeurs
Ils sont anti-Sarkozy, anti -sociaux démocrates parce que trop à droite, anti-staliniens, anti-dirigeants syndicaux, parce que ce sont des vendus. Ils sont
anti-spéculation, anti-crise boursière anti-élite, anti- riches, anti-lobbies anti-bourges, anti-patrons
Ils sont anti-religieux, anti-sionistes mais pas anti-juifs anti-chrétiens mais pas anti-révisionnistes, anti-opium du peuple mais pas anti-islam parce que c'est une
religion anti- capitaliste.
Ils sont anti-flics , certains sont anti-psy, anti-réacs, anti-prison, anti-répression anti-Dati mais pas antidatés. Ils sont anti-
racistes,anti-guerre mais pas anti-terroristes anti-néo-cons, anti-escalvagistes, anti-ségrégationnistes, anti-nationalistes, anti-colonialistes
anti-fascistes mais pas " anti-antisémites " .
Ils sont anti-nucléaires, anti-OGM, anti-homophobes, anti-toutes les phobies ou presque car qu'ils sont
capitalistophobes.
Ils ne sont peut-être pas antipathiques, même
pas anti-mythes, mais tout de même anti-sceptiques.
Ils sont antitout mais hélas pas anti-totalitaires.
Comment fait-on pour construire un autre
monde avec cet inventaire à la Prévert ? Serait-ce bien raisonnable de voter pour un parti qui ne se définit pas par adhésion à un projet mais contre ce qu'il rejette. Avec le
NPA, je serais donc censée opter pour le négatif d'un système mais ça donnerait quoi en positif ?
A quoi ressemblerait une société anticapitaliste puisque les expériences qui ont été faites ne donnent pas trop envie de s'en servir comme référence ! Tout resterait donc
à inventer mais où est l'invention dans la négation d'une idéologie qui n'a même pas été conçue dans le cerveau d'un philosophe mais qui n'est que la conséquence de la façon
dont l'être humain construit ses relations aux autres.
Je ne veux pas d'un projet de société fondé sur la répulsion mais sur le Désir ce qui ne signifie pas pour autant d'attendre béatement un monde meilleur mais construire ce qui est
possible en partageant les réflexions les savoirs et les expériences des gens de bonne volonté. Un rêve ? Peut-être ! Je ne suis pas anti-rêve alors qu'un parti
anticapitaliste l'est probablement car se présenter en anti n'est que le signe d'une incapacité à imaginer un autre avenir.
Anti soit-il !
Par Sophia
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